samedi 18 novembre 2017

Michel Houellebecq selon Michel Onfray

Michel Onfray parle de Michel Houellebecq

 
« Michel Houellebecq a diagnostiqué l'effondrement spirituel de notre époque » Michel Onfray

D’abord Extension du domaine de la lutte que Michel Onfray avait aimé parce qu’il l’avait trouvé « vif et bref, rapide et percutant. » Il a fallu Soumission pour qu’il retrouve ce rythme rapide qui lui avait tant plu.

Sur le fond, il pensait qu’analyser le nihilisme, c’était pour Houellebecq consentir. Mais « c’était une erreur, » avoue-t-il, la souffrance aussi de Houellebecq d’être amené à cet amer constat. « Le savoir, dit-il, ce qui est son cas, car il est d'une redoutable lucidité, c'est affronter les plus grands tourments. »

Avec son style fleuri, Onfray écrit que Houellebecq, « enregistre comme un sismographe toutes les secousses en rapport avec la tectonique des plaques "civilisationnelles" » : marchandisation du domaine social, des corps aux âmes, de l’art contaminé par les snobs et le fric, l’argent-roi, l’abaissement de la France ou ce qu’il appelle dans Soumission « la collaboration des élites avec les idéologies liberticides » … plus grave encore, «  l’engagement sans retour de nos civilisations occidentales vers le projet transhumaniste. »

       
Une France qui ne serait plus bleu, blanc, rouge mais multicolore aux teintes innombrables d’arc-en-ciel. Michel Houellebecq note méthodiquement avec son sismographe toutes les dérives de notre civilisation et, conclut Michel Onfray, « c'est en cela qu'il est le grand romancier du nihilisme occidental. »

Michel Houellebecq se réfère aussi à Auguste Comte, ce qui peut surprendre, mais ce qui l’intéresse c’est ce qu’il dit de la place de la religion dans la société, le lien difficile à saisir entre le sacré et le social. Le positivisme pose d’abord la question d’une théologie sociale et laïque se substituant à la théologie déiste. C’est ici qu’on rejoint la pensée de Michel Houellebecq qui déplore un monde actuel sans projet ni transcendance. D’où son désespoir devant un monde livré aux sirènes d’une pure immanence. Voilà pourquoi Auguste Comte lui parle.

       

 « Houellebecq éducateur » dit Onfray ; difficile à concilier avec le côté nihiliste qu’il voit en lui. Réduire cette contradiction, c’est au-delà de l’optimisme er du pessimisme, développer un enseignement basé sur la nature tragique du monde, ce tragique qui est fait d’un savant mélange de pire et de meilleur. Houellebecq s’intéresse aussi bien au pire qu’au meilleur qu’il a paradoxalement puisé dans Schopenhauer qui voit le salut du monde dans la pitié et la contemplation esthétique, lui qui a aussi écrit un Art d'être heureux.

   
Au-delà des polémiques sur l’Islam qui ont marqué la publication de Soumission, son livre pose le constat de la perte de sens dans notre civilisation occidentale.Christianisme et totalitarisme ont été remplacé par la religion du marché et à l'Islam conquérant.

Soumission est également un livre sur la perte de sens dans la civilisation occidentale.
D’abord, il faut constater qu’aucune civilisation ne s’est bâtie sur l'athéisme ou le matérialisme car « on ne lie pas les hommes sans le secours du sacré. » Une civilisation n’est rien sans une spiritualité qui la soutient, émanant elle-même d’une religion. 
Une liaison avec le sacré, le l’ordre de la transcendance. Seulement voilà, elle n’a plus vraiment droit de cité dans notre civilisation.


                

* Voir aussi mon site sur Michel Onfray --

Christian Broussas – Onfray/Houellebecq - 17/11/2017  © cjb ©  >

samedi 11 novembre 2017

Annie Ernaux La place


Référence : Annie Ernaux, La place, éditions Gallimard, collection Blanche, 114 pages, 1983, prix Renaudot 1984

       
« Désirer savoir est la forme même de la vie et de l'intelligence ». Annie Ernaux
 
L'auteur-narratrice a perdu son père l'année où elle est devenue professeur. Après la rupture -essentielle pour elle- avec son milieu d'origine, d'un milieu d'ouvriers et de petits commerçants au milieu de la bourgeoisie intellectuelle  du professorat, c'est une autre rupture que marque la mort de son père. « Je voulais écrire au sujet  de mon père, de sa vie, et cette distance venue à l'adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n'a pas de nom. Comme de l'amour séparé. »

           
Annie Ernaux dans les années soixante-dix


Elle évoque sa jeunesse dans cette région de la Seine maritime, entre Yvetot et Lillebonne, qu'elle a quittée pour la Haute-Savoie. Elle y revient avec son fils qu'elle nomme "L'enfant", petit anonyme étranger au drame qui se déroule, pour revoir ce père malade qui va bientôt disparaître.

    Vue d'Yvetot
« Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j'appartienne au monde qui l'avait dédaigné ». page 112

Dans l'incipit, elle a choisi cette citation de Jean Genet : « Je hasarde une explication : écrire c'est le dernier recours quand on a trahi ». Cette trahison sur laquelle elle reviendra dans d'autres livres, renvoie à ce milieu modeste qui n'est plus le sien désormais et à cet autre milieu plus aisé où elle vit maintenant mais dans lequel elle ne se sent pas forcément à l'aise. 

Son père... ils s'aimaient et ne se sont jamais vraiment compris. On sent un fossé qui n'a fait que s'élargir au fil des années quand elle s'éloigne de ses parents, et qu'eux aussi s'éloignent d'elle, s'enfermant dans une vie de plus en plus étriquée.
Pour son père, "travailler", c'était le faire de ses mains, des mains de travailleurs souvent caleuses, « il disait que j'apprenais bien, jamais que je travaillais bien. Travailler, c'était seulement travailler de ses mains. » 

Quelques années plus tard, elle entreprend ce récit, évoquant ce père successivement garçon de ferme, ouvrier d'usine et petit commerçant, confessant : « J’écris peut-être parce qu’on n’avait plus rien à se dire. »
     

« Un jour, avec un regard fier : Je ne t'ai jamais fait honte ». 

Elle rend compte de sa condition et de sa faible marge de liberté pour évoluer dans sa vie.   Tout y passe dans le prisme de son analyse, surtout l'héritage culturel des dominés qu'elle a dû évacuer, ses usages et ses valeurs, les humiliations, l'éclatement de la famille...
A ce propos, elle disait : « Le seul moyen d'évoquer une vie, en apparence insignifiante, celle de mon père, de ne pas trahir (lui, et le monde dont je suis issue, qui continue d'exister, celui des dominés), était de reconstituer la réalité de cette vie, à travers des faits précis, à travers les paroles entendues. »

Elle évoque tout ce passé fait de joies et de déchirures dans un style précis, sans fioritures, sans digressions, qu'on peut parfois trouvé un peu sec, évacuant les descriptions et le recours aux développements psychologiques, ce qu'elle appelle « l'écriture plate, sans affects exprimées, sans aucune complicité avec le lecteur », ce qui lui permet avec cette technique de « rendre compte d'une vie soumise à la nécessité. » 

              

Voir aussi
* Mes articles : Annie Ernaux, Le vrai lieu --Mémoire de filleLa place --
* Sur Blogspot : Écrire la vie --

* Voir également mon site "Portraits de femmes"

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vendredi 10 novembre 2017

Le Louvre Abu Dhabi

                           
Le Louvre Abu Dhabi, grand musée conçu par l’architecte Jean Nouvel, va (enfin) ouvrir ses portes avec quelque deux ans de retard. L’institution, installée sur l’île de Saadiyat, (l’île du bonheur) sera bientôt inaugurée en cet automne 2017.

   
Vinci La belle ferronnière                          Le Louvre Abu Dhabi
      
Bellini Vierge à l’enfant                              Le Louvre Abu Dhabi

Annoncé puis repoussé à de nombreuses reprises, Le Louvre Abu Dhabi, bâti dans l’Émirat arabe du même nom, offre un vaste complexe à partir de l’objectif original d’être un musée qui se veut universel.

              
Édouard Manet Le bohémien
Osman Hambi Bey, jeune Emir à l’étude, Istanbul, 1878

Depuis 2009, le Louvre Abu Dhabi s’est ainsi lancé dans une vaste campagne d’acquisitions d’œuvres, afin de garnir les cimaises du bâtiment à venir. L’idée est de couvrir tous les champs de création, de la peinture à la sculpture en passant par les arts décoratifs, mais aussi de représenter toutes les époques : ainsi, les pièces antiques comme des statuettes en bronze datant de l’Égypte ancienne vont cohabiter avec des pièces d’art contemporain.

Dans cette optique, les artistes Jenny Holzer et Giuseppe Penone ont été invités à réaliser des œuvres "in-situ" pour le musée, en relation avec l’architecture originale conçue par l’architecte Jean Nouvel. Mais les acquisitions ne font pas tout.

          
Manet Nature morte au cabas et à l’ail      Caillebotte La partie de bésigue
(acquisition en 2009)

Son prestige international tiendra également au fait que, outre Le Louvre lui-même, plusieurs grands musées français participent à cette opération dans le cadre de prêts d’œuvres originales ou prestigieuses :
Le musée d’Orsay, le Centre Pompidou, le musée du Quai Branly, le musée Guimet, la BNF, le musée Rodin, le musée de Cluny, le château de Versailles, le musée des Arts Décoratifs, le musée d’archéologie Nationale de Saint Germain en Laye, la cité de la céramique de Sèvres, ainsi que le château de Fontainebleau.

       
Jean Decourt Cupidon et Psyché, banquet de noces, émail sur cuivre
Murillo, Le songe de Jacob


Quelques références d’œuvres présentées
Période antique

* Princesse de Bactriane, vers fin du IIIe millénaire av. J-C, Asie centrale, chlorite (corps et coiffe), calcite (visage), acquisition 2011
* Statuette bronze d'Osiris, 1085-730 av. J-C, Égypte, XXIe – XXIIIe dynasties.
* Bracelet aux figures de lion, VIIIe-VIIe siècle av. J-C, Ziwiyé, Azerbaïdjan, Iran, or, acquisition 2009.
Période ancienne
* Bodhisattva debout, IIe siècle - IIIe siècle, sans doute région du Gandhara, Pakistan, schiste, acquisition 2009.
* Fibule aquiliforme de Domagnano, seconde moitié du Ve s. apr. J-C., Italie, or, grenats, coquillage, acquisition 2009.
* Amphore à figures noires et son couvercle représentant le combat d’Héraklès et du lion de Némée et Dionysos entouré de satyres vers 520 av. J-C., Grèce, terre cuite peinte, hauteur 38,2 cm, diam. 17,2, base 12,8 cm.
* Tête de Bouddha, VIe siècle apr. J-C, Chine du Nord, dynastie des Qi du Nord, marbre blanc.
* Boîte octogonale, milieu du VIIIe siècle apr. J-C., Chine, dynastie Tang, bois de kaya, placage d'écaille de tortue, incrustations de nacre et de perles d'ambre peintes, acquisition 2009.
* Shiva dansant, seconde moitié Xe siècle, Inde du sud, Période chola, bronze.
        Tête de Bouddha VIème siècle
Période Renaissance
* Giovanni Bellini, Vierge à l'Enfant, vers 1480-1485, huile sur bois, Venise, acquisition 2009.
* Bassin d'aiguière au médaillon représentant Sainte Barbara, vers 1500, Venise, émail polychrome peint sur cuivre
* Christ montrant ses plaies, vers 1515-1520, Allemagne, bois de tilleul polychrome,
* Jean Decourt, Plat des Noces de Psyché, fin XVIe siècle, émail peint en grisaille sur cuivre, et Bassin d'aiguière du Triomphe de Cérès, 1558, émail peint en grisaille à rehauts d'or
XVIIe siècle et XVIIIe siècle
* Bahrâm Gûr dans le pavillon vert, Chiraz, Iran, vers 1560-1570, encre, couleurs en or sur papier.
* Achille hermansreyt, Tour à compartiment, 1657, ivoire d'éléphant tourné et sculpté.
* Bartolomé Murillo, L'Échelle de Jacob, vers 1665, huile sur toile.
* Manufacture royale de Beauvais, Tenture de l'Histoire du roy de Chine : l'Embarquement du prince, fin du XVIIe siècle - début du XVIIIe siècle, laine et soie, acquisition 2009.
* Jean-François de Troy, L'Évanouissement d'Esther, 1730, huile sur toile.
* Muhammad B. Ahmad B. Lahsan al-Battûtî, Astrolabe planisphérique, 1726-1727, Maroc, laiton coulé, martelé et grave, rehaussé de clous en argent.
 XIXe siècle et XXe siècle 
* Édouard Manet, Le Bohémien, 1861- 1862 et Nature morte au cabas et à l’ail, 1861 - 1862.
* Gustave Caillebotte, La partie de bésigue, 1881, huile sur toile, acquisition 2009.
* Osman Hamdi Bey, Jeune Emir à l'étude, 1878, huile sur toile.
* Paul Gauguin, Les Enfants luttant (Jeunes lutteurs - Bretagne), juillet 1888, acquisition 2010.
* Pablo Picasso, Portrait de femme, 1928, gouache, encre, collage sur papier, acquisition 2012.
* René Magritte, La Lectrice soumise, avril-mai 1928, huile sur toile, acquisition 2011.
* Piet Mondrian, Composition avec bleu, rouge, jaune et noir, 1922, Huile sur toile, 79,8 x 50 cm.
* Yves Klein, Anthropométrie (ANT 110), 1960, pigments sur papier marouflé sur toile, acquisition 2011.
          
Statuette d’Osiris      Princesse de Bactriane    Bodhisattva Gandhara


Notes et références
* Laurence des Cars,
Louvre Abou Dabi. Naissance d'un musée, catalogue de l'exposition, coédition Musée du Louvre/Skira, avril 2013.

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dimanche 5 novembre 2017

Exposition Barbara 2017

       

Cette exposition à la Philharmonie de Paris sur une chanteuse nous invite aussi à nous questionner sur ce que signifie être une femme libre, une femme qui écrit, compose et interprète ses œuvres dans cette seconde moitié du XXe siècle.
Artiste d’exception, Monique Serf alias Barbara a été la muse des années cabarets de la rive gauche, avant de chanter à Bobino puis sur les plus grandes scènes parisiennes. Peu à peu, elle est devenue une espèce de mythe et ses concerts, des moments de communication. Le public, debout, admiratif, ne boudait pas son plaisir.

L’exposition présente des archives vidéo parfois inédites, portant essentiellement du fonds de l’Institut national de l’audiovisuel, qui permettent de découvrir ses multiples facettes. Des textes qu’elle a ébauchés et maintes fois remaniés, des correspondances intimes et des documents personnels qui font mieux comprendre sa façon de composer, de faire de sa vie des chansons intemporelles, des confidences susurrées dans ses chansons.

           
Barbara à Amsterdam en 1965 

Cette exposition permet aussi d’admirer de précieux clichés, les photographes qui ont su gagner sa confiance et l’ont portraiturée de façon plus intime comme Just Jaeckin, Marcel Imsand, Jean-Pierre Leloir, Georges Dudognon
Barbara aimait façonner son image, comme on peut le voir dans ses costumes de scène, les médias de l’époque montrent bien le regard qu’on portait sur sa personne et qui a su préserver son mystère, sacrifier aux rituels de l’artiste sans complètement se démasquer.
La mise en scène de l’univers poétique de Barbara est due à deux grands noms du spectacle : Antoine Fontaine et Christian Marti, qui avaient déjà collaboré à l’exposition Brassens ou la liberté à la Cité de la musique en 2011.

Parcours de l’exposition : De Monique Serf à Barbara

« Il ne faut jamais revenir
Au temps caché des souvenirs
Du temps béni de son enfance. »

 
       
Barbara et son frère Jean à Orry-la-ville à la fin des années 1930

Comment Monique Serf, née le 9 juin 1930 à Paris, 17e, petite fille juive et pauvre, marquée par la guerre et une enfance difficile, devint-elle Barbara, la grande artiste un peu effacée qu’on a connue ?

La publication de son autobiographie Il était un piano noir, parue peu après sa mort, révèle le drame intime qui a marquée son enfance. La cicatrice mémorielle, son besoin d’errance, éclairent d’une façon différence certains textes de ses chansons dont le sens profond nous avait échappé. Dans cette enfance, il y avait aussi son vibrant désir de jouer du piano, d’interpréter ses compositions, mais aussi l’éclairante découverte d’Édith Piaf.

             
L’Écluse – dessin pour la scénographie de l’exposition Barbara, 2017

Scénographie de Antoine Fontaine et Christian Marti
Nolwen Leroy, hommage à Barbara  -- 


Comme beaucoup de chanteuses du début du XXe siècle – telles Yvette Guilbert ou Marie Dubas –, Barbara a débuté par des tours de chant à Bruxelles, où elle partit subitement à 20 ans, puis dans des cabarets parisiens d’après-guerre comme l’Écluse, petite salle de 70 places. « L’Écluse est la première maison que j’ai trouvée. Là il y avait vraiment un cœur qui battait. Une famille qui m’a accueillie. C’est là que j’ai commencé à respirer, que tout s’est déclenché ». Barbara y devint celle qu’on appela la « chanteuse de minuit ».

« Je n’avais plus peur de rien. J’aurais traversé les murs, animée par mon désir obsessionnel, par ma certitude de chanter un jour » avoue-t-elle en parlant de cette période.
Le temps des « Petits zinzins » (1964-1969)
« Mes chansons elles naissent avec la vie […] c’est uniquement des choses que j’ai vécues, qu’on a tous vécues. » 

               
Barbara chez elle, rue de Seine en 1963

 
Grâce à ses premiers succès, Barbara quitte les cabarets pour Bobino. Elle cesse alors d’interpréter Brel ou Brassens – pour composer sans relâche ce qu’elle appelait elle-même ses « petits zinzins ». Des mots simples, des confidences effleurées sur quelques notes, une manière d’offrir à son public sans se révéler totalement ; elle écrit et enregistre beaucoup, fascinant ceux qui la côtoient.

« Touche pas mon piano
Touche pas mes remparts
Touche pas mes lunettes
Touche pas mon regard »

 
Les années 1960 sont celles des tournées dans tout le pays, la vie sur les routes avec ses intimes une bonne partie de l’année, avec Serge Gainsbourg, Serge Reggiani ou Georges Moustaki lui permettent de se produire en Italie, en Israël, au Liban… Chaque concert est donne lieu à la même démarche dominée par une discipline et une exigence absolue où Barbara supervise tout puis s’enferme dans sa loge jusqu’au moment d’entrer en scène.

      
Barbara avec Serge Reggiani            Bruel, hommage à Barbara

L’aventurière (1970-1981)
« Qu’on ne m’ordonne pas,                      Et j’ai choisi mes hommes
je suis reine en mon île                              j’ai bâti mes empires
Je suis femme en mon lit,                           Au diable la raison
je suis folle en vos villes                             Et vivent mes délires. »


Olympia 1969, coup de théâtre : elle annonce sa décision d’arrêter ses tours de chant. Dès lors, elle se diversifie, fait ce qu’elle aime, s’essaie au théâtre (sans grand succès avec Madame), au cinéma avec Jacques Brel (Franz, 1972), Jean-Claude Brialy (L’Oiseau rare, 1973) ou Maurice Béjart (Je suis né à Venise, 1977).

Avec L’Aigle noir, Barbara devient vraiment populaire, touche un nouveau public, présente à la Une des magazines. Mais elle se fait alors plus discrète, imposant ses choix. Elle finit par se retirer à la campagne, dans sa maison de Précy-sur-Marne, son refuge, son espace de liberté et de création où elle compose et imagine ses futurs spectacles.

     
Barbara dans son jardin à Précy-sur-Marne, à l’automne 1989

La naissance de la légende (1981-1997)

« Pantin espoir, Pantin Bonheur
Oh, qu’est-ce que vous m’avez fait là ?
Pantin qui rit, Pantin, j’en pleure,
Pantin, on recommencera ! »

         
Barbara, Bobino 67


Imaginés à Précy, les concerts de Pantin en 1981, participent grandement à la légende de Barbara qui remontent sur scène après des années de silence. Elle met au point une autre façon de construire ses tours de chant, les concerts-spectacles. Si sa voix a changé, sa relation avec le public n'a jamais été aussi forte.

Toujours aiguillée par une remise en cause permanente, Barbara imagine une comédie musicale qu'elle nomme  Lily Passion, sur laquelle elle travaille pendant cinq ans, n’hésitant pas à dérouter son public. Son relatif retrait rehaussent l'engouement pour ses concerts : Châtelet en 1987 et 1993, Mogador en 1990…

Barbara s’investit également, de façon très confidentielle, dans un combat contre le sida auprès des malades et des associations ; visite et chante en prison. Femme engagée, elle participe à la campagne électorale de François Mitterrand en 1988, aux côtés de Jacques Higelin.Elle enregistre son dernier disque en 1996, avant de s’éteindre le 23 novembre 1997.

   

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