samedi 2 septembre 2017

Merci monsieur Vailland par Jean-Marc Trichard

En hommage à Roger Vailland, Jean-Marc Trichard, prix Roger Vailland 2007 pour Un parfum de lavande, a placé ce texte intitulé "Merci monsieur Vailland" au début de sa nouvelle. 

Résultat de recherche d'images pour "roger vailland photo"           
Roger Vailland  et sa femme Élisabeth


« Ce matin, j’ai fini de relire 325.000 francs. Le temps est gris, le brouillard a recouvert notre plaine de Bresse, il fait froid, humide.
J’habite à quelques kilomètres de Meillonnas, à huit kilomètres précisément, et en fin de matinée, comme ça, je me suis dit "je vais aller sur la tombe de Roger Vailland, l’écrivain dont je viens de terminer le livre".

Je me suis garé sur la place à côté de l’église et j’ai poussé la petite porte de fer verte du cimetière. J’étais venu ici il y a bien longtemps et je ne me souvenais plus de l’endroit où se trouve la tombe. Il y avait seulement un visiteur, dans l’allée à droite en entrant. Un chat presque blanc s’est faufilé quand l’homme s’est dirigé vers une autre allée, un peu plus loin.
J’ai regardé à gauche, en face, j’ai hésité et finalement j’ai choisi la droite. J’ai fait quelques pas. L’homme avait quitté l’endroit de son recueillement. Nous nous sommes croisés, j’ai eu envie de la saluer mais je ne l’ai pas fait. Sans me poser vraiment de question j’ai suivi son chemin et mon regard a été attiré par un petit coin de verdure différent des autres.

Je me suis approché. C’était là. Au milieu d’un rectangle de buis, je pouvais lire "Roger Vailland" en lettres de fer qui se détachaient du sol. Les deux gros thuyas et le buis qui entouraient la tombe paraissaient taillés depuis peu. Je n’ai pas fait de prières comme je le fait sur la tombe de mes parents, j’ai pensé simplement : « Bonjour, monsieur Vailland ». 

Le chat presque blanc est venu tout près de nous, je l’ai observé et il a fui, craintif.
J’ai regardé par-dessus le mur qui entoure le cimetière et domine lieu, je me suis dit que vous aviez de la chance, que vous n’étiez pas loin de l’endroit vous aviez beaucoup écrit.
Où vous aviez beaucoup écrit pour nous. J’avais envie de vous dire merci. Je l’ai fait et je suis reparti. »
Jean-Marc Trichard

Jean-Marc Trichard Jean-Marc Trichard 

Préface de Un parfum de lavande
Roger Vailland, écrivain dans la grande tradition littéraire française, styliste éblouissant, homme libre avant tout, pensait avec Stendhal, que le bonheur est le moteur des révolutions. Cette aspiration au bonheur –bonheur que l’on trouve d’emblée dans l’intelligence du monde et dans la lutte pour changer la vie- fit de lui un homme et un écrivain engagé. Comprendre, écrire comme Jean-Marc Trichard la souffrance au travail, c’est déjà la dominer et la transformer.
Marie-Noël Rio

Repères bibliographiques* JM Trichard, Un parfum de lavande, in "Dernières nouvelles du monde réel", éditions La Passe Du Vent, mars 2008 * JM Trichard, Les ombres du destin, éditions Baudelaire, mars 2010
* Accès au site Roger Vailland --
* Voir aussi : L'association Les amis de Roger Vailland --


<> • Christian Broussas • Vailland/Trichard °° © CJB  °° 03/2017 <>

vendredi 1 septembre 2017

Patrick Modiano, Remise de peine

Référence : Patrick Modiano, Remise de peine, éditions du Seuil, 166 pages, 1988

Image associée       Résultat de recherche d'images pour "modiano photos"

Comme le présente François Nourissier dans Le Point : « Une phrase entendue, un bracelet-montre mirobolant, un vendeur de bagnoles d’occasion, une femme qui pleure : toute une société surgit, faisandée, émouvante, aux ressorts mystérieux, aux héros fantomatiques. Avec une économie exemplaire, Modiano une fois de plus gagne la drôle de partie dont il a inventé, dans le secret de sa mémoire, la règle et l’enjeu, » ce roman est bien dans l’univers fait de brides de souvenirs qui en réveillent d’autres pour recomposer des morceaux de vie enfouis au plus profond de la mémoire.

Mais Patrick Modiano a préféré mettre en exergue ce texte de RL Stevenson tiré de Un chapitre sur les rêves : « Il n’est guère de famille pour peu qu’elle puisse remonter à quatre générations, qui ne prétende avoir des droits sur quelque titre en sommeil ou bien sur quelque château ou domaine, des droits qui ne sauraient être soutenus devant un tribunal mais qui flattent l’imagination et qui écourtent les heures d’oisiveté. Les droits qu’un homme a sur son propre passé sont plus précaires encore. »

On retrouve sans peine dans ce roman l’univers particulier de l’auteur, fait de notations qui, mises bout à bout, prennent alors tout leur sens, ce climat qui se dégage de son parcours, de ces allers-retours, de ces va-et-vient qui sont autant de clés pour le suivre dans les chemins tortueux de la mémoire.


                

Patoche a grandi ici avec son jeune frère, dans cette maison sans grand caractère, plutôt sympa avec sa façade mangée par le lierre. Dans cette "maison de femmes", on attendait le mythique Eliot Salter, marquis de Caussade, qui reviendrait peut-être un jour dans son château. Leur univers instable est fait de beaucoup plus de questions que de réponses. Dans les souvenirs de Patoche, à côté de la maison e des femmes, il y a aussi ces quelques objets épars, l’étui à cigarettes d’Annie, le sourire de Jean D., la grosse bagnole de Roger Vincent


Patrick dit Patoche et son frère sont quelque peu livrés à eux-mêmes, leurs parents sont loin, leur mère en tournée, leur père vient les voir de temps en temps. Seules Hélène Toch dite la petite  Hélène et Annie s’occupent d’eux, vivant dans cette maison du côté de Villacoublay. Mais elles ont de mauvaises fréquentations à cette époque où la France est occupée, de très mauvaises fréquentations comme Andrée K. qui vient souvent et connaît bien « la bande de la rue Lauriston, » qui les conduiront en prison, laissant les deux enfants livrés à eux-mêmes.

Ainsi, la mémoire flirte avec le mythe et la légendes familiale. Les faits sont vivants, ils évoluent avec les générations, avec le bouche à oreilles qui recrée les événements à l’aune du temps qui passe.
La réalité finalement n’est qu’un prétexte pour se réapproprier l’histoire, sa propre histoire, celle de ses proches, celle de sa famille.



Repères bibliographiques
* La place de l’étoile, prix Roger-Nimier et Fénéon, 1968
* Les boulevards de ceinture, grand prix du roman de l’Académie française, 1972
* Villa triste, prix des libraires, 1975
* Rue des boutiques obscures, prix Goncourt, éditions Gallimard, 189 pages, 1978
* Quartier perdu, éditions Gallimard, 182 pages, 1984
* Dimanches d’août, éditions Gallimard, 161 pages, 1986
* Un cirque passe, éditions Gallimard, 153 pages, 1992

< • Christian Broussas –Modiano Peine - 31/08/2017 • © cjb © • >

Jean-Christophe Rufin Check-point

Référence : Jean-Christophe Rufin Check-point, éditions Gallimard, collection Blanche, 387 pages, 2015
Résultat de recherche d'images pour "rufin photos"    
                                                                   Un check-point

« Dieu a créé des hommes forts et des hommes faibles. Je les ai rendus égaux. » Samuel Colt

Maud, jeune femme de vingt-et-un ans, s’est engagée dans une ONG pour aller apporter son aide aux populations pendant la guerre de Yougoslavie.
Elle participe à un convoi de deux camions qui vont, dans des conditions difficiles, livrer des  produits à des familles réfugiées dans une mine de charbon et cernées par des milices croates. 

Entre les cinq participants, l’ambiance est plutôt morose. Marc et Alex, anciens militaires, semblent assez complices mais supportent difficilement l’autoritarisme de Lionel le responsable de l’expédition et de Vauthier qui s’occupe surtout de l’intendance. Les deux camions ont déjà beaucoup vécu, souvent à la peine sur les routes montagneuses de la Bosnie centrale, normalement en route vers l’enclave bosniaque de Kakanj

                 

Le principal problème semble être de passer sans encombre les nombreux check-points qui parsèment leur parcours. Ils sont si nombreux dans ces contrées aux inextricables enclaves réparties entre les serbes, les croates et les bosniaques, si dangereux parfois, tenus par des miliciens où la peur l’emporte souvent sur la raison et le self-control.

Alex et Max vont être contraints de révéler le véritable objectif de leur mission : livrer des bâtons d’explosifs dissimulés dans plusieurs cartons, pour pouvoir extraire de nouveau du charbon et éviter ainsi que la mine soit inondée et définitivement condamnée. Mais est-ce vraiment l’objectif de cette expédition tiraillée entre les eux ex militaires Alex et Max et Vauthier qui se révélera être une taupe des services spéciaux français.

On assiste alors à un chassé-croisé entre les deux camions à travers des épisodes et des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine. L’absurdité de cette expédition maudite où les objectifs irréconciliables et la haine que se portent certains des participants, finiront par conduire au drame où chacun se sentira floué. Dans cette équipée, tout le monde de retrouve perdant. 

Mais ce constat et l’absurdité même des péripéties de cette expédition n’est-elle pas le symbole de l’absurdité de la guerre ?

Postface de l’auteur (extraits)
« D’un point de vue métaphorique, le check-point est aussi devenu le symbole du  passage d’un univers à un autre, d’un ensemble de valeurs données à son contraire, de l’entrée dans l’inconnu, le danger peut-être. Nous vivons aujourd’hui en particulier depuis les attentats qui ont ensanglanté la France au moi de janvier 2015, un basculement de cet ordre…

Au Kosovo, en Afghanistan, en Irak,  (l’Amérique) s’est mise à bombarder au nom des droits de l’homme… Les victimes désormais, ne sont plus lointaines mais proches. Celui qui souffre, ce n’est plus l’Autre mais nous-mêmes.  

De quoi les "victimes" ont-elles besoin : de survivre ou de vaincre ? Que faut-il secourir en elles : la part animale qui demande la nourriture et le gîte, ou la part proprement humaine qui réclame les moyens de se battre, fût-ce au risque du sacrifice ? » 

                      
Voir aussi mes fiches :
*
Jean-Christophe Rufin, Sauver Ispahan --* Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée --


Repères bibliographiques
* L’Abyssin et Sauver Ispahan, éditions Gallimard, collection Blanche, 1997-98
* Rouge Brésil, éditions Gallimard, collection Blanche, 2001, prix Goncourt
* Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi, éditions Gallimard, collection Blanche, 2013, prix Pierre Loti
* Le collier rouge, éditions Gallimard, collection Blanche, 2014, prix Littré et M. Genevoix

< • Christian Broussas –Rufin Check-point - 31/08/2017 • © cjb © • >

jeudi 24 août 2017

Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel

Référence : Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel, éditions des Équateurs/France inter, 148 pages, 2017

« Dantesque, kafkaïen, sadique, machiavélique, c’est un douteux privilège que de baptiser de son nom une angoisse collective. » Dans son dictionnaire des idées reçues, Gustave Flaubert place Machiavélisme, « mot qu’on ne doit prononcer qu’en frémissant » avant Machiavel, « ne pas l’avoir lu mais le regarder comme un scélérat. » Mais le beau renouveau de la Renaissance, s’interroge Patrick Boucheron, n’est peut-être qu’une « mise en scène parodique d’un passé fantasmé ».

        Résultat de recherche d'images pour "Patrick Boucheron, photos"

Le Prince en est un bon exemple, « on s’accroche parfois à certains livres comme à des bouées. Quand tout change autour de soi, ils surnagent, se signalent à notre intention pour éviter le naufrage… Ils furent les alliés fidèles de ceux qui cherchaient à comprendre leur dérive politique. »    

En fin de compte, à qui s’adresse son essai ? Réponse chapitre 15 : « Mon intention est d’écrire chose utile à qui l’entend. » Son intention est de décrire le plus exactement possible les situations et laisser au lecteur le soin d’en tirer ses conclusions. Pour parler des puissants, il utilise la fable du Renard et du Lion : tantôt l’un, tantôt l’autre, "ils savent faire la bête", « car le lin ne se défend pas des pièges, le renard ne se défend pas des loups. Il faut donc être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups. »

Sa méthode s’apparente au travail de l’ingénieur, tel qu’il a pu voir à l’œuvre un Léonard de Vinci ou l’endiguement de l’Arno qui débordait et menaçait de noyer Florence : retenir, contraindre, soulager… bref gouverner en y mettant toute « la vertu politique » nécessaire.

Un été avec Machiavel par Boucheron            Résultat de recherche d'images pour "Patrick Boucheron, photos"

Si la parution du Prince lui apporte une certaine notoriété, elle ne lui permet pas de rentrer en grâce auprès de Julien de Médicis, les Médicis qui dirigent de nouveau Florence sous la houlette du pape Léon X. Il obtient au moins le succès au théâtre avec sa pièce "La mandragore", [1] satire où sous des dehors de comédie reposant sur la dissimulation, des faux-semblants et les apparences, se retrouvent les thèmes du Prince, la faillite des puissants et l’abaissement de Florence.

Sur l’art de gouverner, Machiavel sépare la science de l’État que maîtrisent le prince et ses conseillers, leur connaissance des passions sociales qui remuent le peuple et la réalité de leur pouvoir que comprennent ceux qui le subissent, car « le peuple connaît ce qui l’opprime. »

C’est dans son Discours sur la première décade de Tite-Live qu’il développe ce genre d’idées. [2] Il essayait ainsi de corriger le présent par l’intelligence du passé, persuadé que le peuple peut se gouverner lui-même, rendant possible l’instauration de la République. Il sait au moins ce qu’il ne veut pas : se laisser dominer. [3]

Résultat de recherche d'images pour                               Résultat de recherche d'images pour                         Résultat de recherche d'images pour

Un été avec  Montaigne       Un été avec Proust            Un été avec Baudelaire

 

« Gouverner, écrit-il, c’est agir dans l’aveuglement de l’indétermination des temps. » Autrement dit, quand on agit, la fin n’est jamais connue et on ne peut ainsi jamais justifier des moyens utilisés. 

Il développe L’art de la guerre dans son seul essai anthume, [4] où pour lui la violence est au cœur des choix politiques. Constat amer qui s’avère pourtant stratégique. Dans ce cadre, la paix se définit comme une violence en puissance qui doit rester une menace n’ayant nul besoin de s’exercer, ce qu’on appellerait au XXème siècle la dissuasion.
 En 1520, l’Académie de Florence lui confie le soin d’écrire une Histoire de Florence. Tâche bien risquée pour un homme pris entre historiographie et contestation. Il lui faut ruser, [5] élever le débat, présenter les forces en présence à l’intérieur de la cité et leur impact sur l’avenir de Florence. [6]

       Résultat de recherche d'images pour "Patrick Boucheron, photos"                Résultat de recherche d'images pour "Patrick Boucheron, photos"              Résultat de recherche d'images pour "Patrick Boucheron, photos"     
Notes et références
[1] Voir aussi sa pièce Clizia écrite en 1525, qui met en scène les amours d’un homme d’un âge avec des jeunes filles qui n’ont pas froid aux yeux.
[2] Extrait de la dédicace au Prince :
« Comme ceux qui dessinent les paysages se placent en bas de la plaine pour considérer la nature des montagnes et des lieux élevés et, pour considérer des lieux bas, se placent en haut des montagnes, de même pour bien connaître  la nature du peuple, il fut être prince et pour bien connaître celle des princes, il faut être du peuple. »
[3] Extrait du Prince, chapitre 8 :

« Dans toute cité, on trouve deux humeurs différentes, et cela vient de ce que le peuple désir ne pas être commandé ni opprimé par les Grands ; et de ce que les Grands désirent commander et opprimer le peuple. »
[4] L’Art de la guerre s’achève sur cette note :
« Nos princes pensaient qu’il leur suffisait d’imaginer dans leur cabinet une brillante réponse, d’écrire une belle lettre, de montrer dans leurs paroles de la subtilité et de l’à-propos, de savoir ourdir une ruse, de s’orner d’or et de joyaux, de dormir et de manger plus richement que les autres… »
[5] Extrait d’une lettre à son ami Guichardin de 1521 :

 « Depuis quelque temps, je ne dis jamais ce que je pense, ni ne pense jamais ce que je dis et, si je dis parfois la vérité, je la cache parmi tant de mensonges qu’il est difficile de la découvrir. »
[6] Témoin sa relation de la révolte ouvrière des Ciompi en 1378 où il donne la parole à un émeutier.

Voir aussi ma fiche Un été avec Baudelaire --

<< • Christian Broussas –Machiavel - 21/08/2017 • © cjb © • >>

Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul

Référence : Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul, éditions Julliard, 187 pages, 2002

Kaboul en guerre, en grande partie détruite où les rescapés tentent de survivre parmi les décombres, en subissant la terreur des radicaux islamistes. Dans un été caniculaire, deux couples cherchent désespérément quelques raisons de vivre dans la déraison ambiante.

                       Résultat de recherche d'images pour "Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul photos"

D’un côté, un bourgeois Moshen Ramat déchu pris dans la nostalgie du paradis perdu et sa femme Zunaira, ex avocate, interdite d’exercer depuis, dont le féministe a disparu dans la tourmente et le rôle traditionnel de la femme rabaissée et soumise au joug de l’homme. De l’autre côté, un geôlier Atiq Shaukat confronté aux exécutions publiques et sa femme Mussarat atteinte d’une maladie incurable.

Le martyre du peuple afghan fait pièce à leur quête de dignité, une quête qui se heurte à la folie des talibans mais qui signifie remplacer la raison disparue par l’amour.  Quête d’un miracle dans ce pays où « les liesses sont aussi atroce que les lynchages. » est confronté de ses propres démons, déchiré entre son ami Mirza Shah qui est prêt à aller écouter les prêches échevelés du  mollah Bashir et entre son ami Qassim abdul Jabbar qui a rejoint les talibans et le presse de les rejoindre à son tour.
 
Quant au vieux Nazish, il choisira finalement de fuir loin de Kaboul, de la guerre et de ses  talibans.

        Résultat de recherche d'images pour "Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul photos"         Résultat de recherche d'images pour "Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul photos" 
Ce sont des couples torturés où l’homme déchu ne trouve plus grâce aux yeux des femmes, qui les rejettent, où le rôle de l’homme et de la femme, les valeurs ont été paradoxalement remis en cause par la dictature talibane. Yasmina Khadra a su rendre toutes ces difficultés relationnelles dans une peinture sans concession de beaux portraits, la complexité des comportements dans ces sociétés musulmanes coincées entre certaines formes de modernité et un traditionalisme réactionnaire historique.

Voir aussi : ma fiche Yasmina khadra, L'Olympe des infortunes --

Repères bibliographiques
* À quoi rêvent les loups, Julliard, 1999
* L’écrivain, Julliard 2001, Pocket 2003
* Les agneaux du seigneur, Julliard  1998, Pocket 1999
* L’imposture des mots, Julliard  2002, Pocket 2004

<< • Christian Broussas –Khadra Kaboul - 21/08/2017 • © cjb © • >>

mercredi 23 août 2017

Courmangoux, Fête du livre 2017

 Lecture et chansons en Chevalet



Temps idéal ce 22 juillet 2017 au plan d’eau de Chevignat, un hameau de la commune, où nous célébrons à notre niveau la fête du livre. Un site superbe avec son petit lac dédié à la pêche, son parcours pour flâner avec des bancs pour se reposer, les aires de jeu pour les plus jeunes, surplombé par le monument consacré au "Grand Brûle", symbole des villages en partie détruits par le feu et l’armée allemande en juillet 1944 .
 

Poèmes sur le site du Chevalet

Des livres un peu partout sur le site, des romans, des bandes dessinées pour tous les âges, des livres d’art, des livres d’aventure…
Des chaises-longues aussi pour y lire et s’y reposer, des jeux et des activités pour les enfants, un chanteur avec sa guitariste et son bandonéon pour les enfants et quelques séances de lecture pour les adultes.
Chansons sur le site du Chavalet

Pour ma part, fidèle à la littérature, j’avais choisi de lire quelques poèmes tirés du livre Cent poèmes pour la paix en hommage à Bernard Clavel qui en avait écrit la préface et quelques poèmes de mon cru.

Pour célébrer la paix, j’avais choisi en particulier deux textes dénonçant ceux que Clavel appelait « les marchands de canons » : Les Temps difficiles, histoire d’un pauvre marchand de canons, de Jules Mougin et Mon général votre char, histoire d’un petit garçon qui rejette l’objet de guerre pour jouer avec l’emballage, de Bertold Brecht.

J’enchaînai avec deux poèmes, d’abord  sur mon dernier voyage en Andalousie puis La vie… rebelle, belle, belle… Je terminai par un acrostiche rendant hommage à la commune de Courmangoux : L’âme de Courmangoux.

                                Court, file douce âme de mon village,
                                Ou grimpe, grimpe à travers les âges,  
                                Unit tous les hommes à ton image.
                                Repart vers la carrière de Roissiat,
                                Migre aussi vers l’étang de Chevignat,
                                Abolit cet été de canicule
                                Né de la sauvagerie du Grand Brûle,
                                Gonfle ta grande voile de bonheur,
                                Oui, ce village a une âme et du cœur,
                                Une âme d’une compassion profonde,
                                Xénophile et ouverte sur le monde.

En complément
* Texte de La vie est rebelle et de Andalousie 2017 --


Voir aussi mes fiches :
* Présentation du Revermont et Revermont 2012 --
* Visite de Chavannes-sur-Suran --


< • Christian Broussas, Courmangoux 2017 - 11/08/2017  © cjb © • >